TRIPTYQUE FILMS
 
POMPÉI
(NOUVELLE COLLECTION)

Mise en scène, image, montage : Guillaume Massart
Prise de son : Arnaud Lanusse

2009 - 6 minutes - 16/9 - HD


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Un visiteur du futur fouille les vestiges de notre société contemporaine, tel un archéologue les ruines de Pompéi.
 
Pompei
   PROJECTIONS :
 

Filmske Mutacije 2009 - Zagreb

Bobines Sociales 2010 - Paris

Hors-Cases 2010 - Aix-en-Provence

Beaux Arts - Paris

Silver Spring Experimental Film Festival 2010
Takoma Park, USA

AlCine ShortLatino 2010 - Madrid

Pompei

Pompéi (nouvelle collection) est un des 45 fragments du film collectif OUTRAGE&REBELLION, réunissant autant d’auteurs (cinéastes, vidéastes, plasticiens, chanteurs, écrivains, graphistes) plus ou moins connus (Jean-Marie Straub, Philippe Garrel, Pierre Léon, Ange Leccia, Jacques Perconte...).

Ces films donnent une suite en images aux événements de Montreuil en juillet 2009, où un jeune cinéaste, Joachim Gatti, perdit un œil sous les tirs de flashball de la police française.

 
POMPÉI
 
Pompei
(NOUVELLE
Pompei
COLLECTION)
Pompei
 
Pompei
   ENTRETIEN AVEC GUILLAUME MASSART, PROPOS RECUEILLIS PAR LUDOVIC LAMENT POUR MEDIAPART :
 

D'où viennent les matériaux de ce film ?

Les photographies ont été prises un soir de 2005, à Nantes. Il y avait une atmosphère étrange, comme un parfum d'apocalypse. Les rues étaient complètement vides, comme le sont souvent les quartiers commerciaux après la fermeture des magasins. Ne restaient que les mannequins dans les vitrines allumées, étranges vigies, laides, parfois mutilées. J'étais dans ce quartier pour photographier ces trois statues qu'on voit dans le film et qui me fascinaient, parce qu'on avait l'impression qu'elles dansaient en l'air.

Tout cet univers m'a immédiatement évoqué Pompéi : ces corps inanimés exposés dans la rue, et puis ces Converse qui cramaient dans une vitrine, cette étrange installation holographique... La fiction, immédiatement, s'imposait. J'ai donc passé ma nuit à photographier, en m'imaginant archéologue du futur marchant dans un Pompéi moderne. Je savais déjà - avec La Jetée de Marker en tête, évidemment, on ne peut pas faire un film comme celui-ci sans y songer - que ces photographies seraient les plans du film. C'était une évidence esthétique qu'il ne fallait pas filmer. Il fallait restituer ce musée morbide dans sa fixité. Et pourtant, le film ne s'est pas fait : il est resté quatre ans dans mes tiroirs sans que jamais je ne parvienne à le monter.

Quand Nicole Brenez m'a contacté, j'avais un mois pour répondre à la commande, qui autorisait une grande liberté : il y avait urgence, il fallait agir vite, la situation l'exigeait.

 

Je revenais des Ardennes où je venais de finir un film sur des ouvriers confrontés à la désindustrialisation, Les Dragons n'existent pas. J'ai d'abord pensé repartir dans les Ardennes, pour filmer le commissariat de la petite ville de Givet, ses locaux neufs isolés au milieu d'une cité EDF très Desperate Housewives. Mais je ne trouvais pas vraiment d'angle.

J'ai alors cherché dans les chutes d'images et de sons des Dragons, s'il n'y avait pas un court-métrage caché dans tout ça, que je n'aurais pas encore monté. Et j'y ai trouvé le son de Pompéi (nouvelle collection) : des enregistrements des coulisses d'une vente aux enchères dans une usine fermée depuis deux ans, l'usine Thomé-Génot de Nouzonville, en décembre 2008.

Pompéi, auquel je ne repensais plus, m'est revenu immédiatement : lorsque nous avions visité l'usine, tout y était resté figé depuis la fermeture, les ateliers, les machines... On trouvait même les reliefs des derniers repas des ouvriers dans les vestiaires... Et ce film qui restait dans mes tiroirs depuis quatre ans, qui était tourné, partiellement écrit et que je n'arrivais pas à monter, je voyais soudain comment l'achever.

Au départ, il y a quatre ans, quand j'imaginais le film, j'avais d'abord envie d'une voix off. Et puis l'idée des sous-titres est venue progressivement, je trouvais notamment que ça permettait de conserver la dimension épistolaire, d'y être plus fidèle.

 

J'avais eu l'idée d'enregistrer dans une galerie commerciale, le brouhaha. Mais c'était une solution simpliste, qui se mordait un peu la queue et quelque part annulait un peu la métaphore, en la surlignant. Avec ces voix d'ouvriers, ces histoires de livraisons, il me semble que je vais «d'un bout à l'autre de la chaîne».

Et les citations de Pline Le Jeune ?

Je me suis lancé dans des recherches sur Pompéi dès 2005, dans la foulée des prises de vues. Le lendemain, je suis tombé sur des lettres de Pline Le Jeune dans la bibliothèque municipale de Nantes. Je tenais l'histoire du film, pour que cela ne soit pas une simple déambulation désenchantée. Il fallait contrebalancer le côté désincarné des mannequins par de l'humain.

L'idée de ce parallèle entre Pompéi et aujourd'hui, c'était d'imaginer le point de vue d'un visiteur du futur qui découvrirait les décombres de notre société. Il verrait les reliefs de notre société de consommation. Une forme d'archéologie du futur. Mais je ne voulais pas d'une exploration clinique : l'histoire de ce jeune homme qui cherche son père dans les ruines de la civilisation apportait une dramaturgie, de l'espoir, du cœur, de l'émotion. Du suspense, peut-être.

 
Pompei

 

 

 

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